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  • : Le blog de Isabelle OHMANN
  • : Articles sur l'histoire, la philosophie, l'art de différentes civilisations
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Isabelle Ohmann vous présente ce blog culturel pour partager avec vous le fruit de ses recherches.
Elle anime depuis 25 ans des activités culturelles, conférences, stages et séminaires sur des sujets ayant trait à l'histoire, la philosophie et l'art.
Elle intervient dans de nombreuses associations et apporte sa contribution à différentes publications.
Elle anime des voyages culturels vers différentes destinations (voir rubrique spécifique dans ce site).
Pour la contacter utilisez le formulaire "contact"

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Voyages culturels

Isabelle Ohmann accompagne différents voyages culturels :

Florence des Médicis du 20 au 24 février 2010

Pérou, sur les traces des Incas du 2 au 13 avril 2010

Prague, ville magique du 23 au 27 octobre 2010

Pour plus dinformations, consultez les pages de ce blog
3 décembre 2015 4 03 /12 /décembre /2015 09:18

Mercure à l'apex

Mercure est une divinité très présente dans toute la Gaule. On trouve quantité de documentation à son sujet : statuettes en bronze, marbre, etc., pierres dédiées, hermas, vestiges de temples, toponymie, etc.

De nombreuses représentations ont été retrouvées dans la région de Nîmes, ancienne capitale de la Gaule Narbonnaise, dont certaines sont actuellement mises en valeur dans une exposition consacrée aux statues en pierre et bronze, avant leur présentation dans le futur musée de la Romanité en 2018.

Herma signifie en grec tas de pierres. Ces tas servaient à borner les champs et à jalonner les chemins. Placés surtout aux carrefours où la terrible Hécate cherchait à égarer les voyageurs, ils constituent le plus vieux symbole du dieu Hermès. Ils étaient surmontés d’une pierre droite qui, par la suite, devint un pilier avec une tête et un buste ithyphallique, symbole de la fécondité, notamment agraire, et de toute prospérité ; c’est pourquoi une aubaine était dite «hermaion» et un coup de chance était appelé un «coup d’Hermès». En ville, ces bustes protégeaient le seuil des demeures, comme cette Herma trouvée devant une villa non loin d’un Hermès bifrons, qui renforce cette symbolique de gardien des passages et des limites, par assimilation avec Janus dans sa fonction de gardien des portes, des seuils..

On a par ailleurs découvert en Gaule Narbonnaise une représentation inusuelle de Mercure enfant avec des ailes implantées directement dans sa chevelure et sa bourse.

Mercure en Gaule

César souligne l’abondance de l’iconographie de Mercure chez les Gaulois et affirme que c’est le dieu le plus honoré en Gaule, en réalité le dieu celte Lug, considéré comme « l’inventeur de tous les arts » patron des techniques et des métiers.

Cependant le Mercure italique et le Mercure gallo-romain ne se confondent pas absolument. Le Mercure latin favorise surtout les échanges commerciaux et les affaires. Il est avant tout le protecteur des marchands. C’est pourquoi il tient une bourse à la main.

En Gaule Mercure, associé à Lug, acquiert une fonction cosmique qui dépasse largement ses attributions mercantiles. Il retrouve en fait le rôle de médiateur divin que possédait l’Hermès grec. Il jouait le rôle de messager des dieux, comme sur terre il était le protecteur des voyageurs, contribuant ainsi à la communication entre le divin et l’humain.

Les attributs habituels du Mercure italique sont le caducée, la bourse, le casque ailé (pétase) et les sandales ailées. Dans l’iconographie gallo-romaine, les animaux qui lui sont attribués sont : le bélier ou le bouc, la tortue ou le coq.

Une représentation d’Hermès Trismégiste ?

Un Mercure à l’apex en bronze d’époque romaine attire l’attention. Il se présente comme un Mercure habituel, avec deux ailes figurant son pétase. Il tient le caducée dans sa main gauche et la droite, aujourd’hui disparue, devait tenir une bourse. A ce schéma classique s’ajoute l’apex (pointe) sur le front, parfois interprété comme un symbole égyptisant, désignant un Hermès Thot issu du syncrétisme gréco-égyptien. Selon la notice, il est aussi possible toutefois qu’il renvoie au symbolisme de Hermès dieu des palestre, l’apex n’étant dans ce cas que la représentation d’une feuille, signe de victoire.

Vous pouvez librement citer ou copier cet article en mentionnant : article rédigé par Isabelle Ohmann - isabelle.ohmann.over-blog.com

Photos Isabelle Ohmann

Herma en marbre d’époque romaine

Herma en marbre d’époque romaine

Photo Mercure enfant ; Statuette de bronze époque romaine (environ 5 cm)

Photo Mercure enfant ; Statuette de bronze époque romaine (environ 5 cm)

Hermès bifrons en marbre. Cette double tête en marbre est composée d’un coté d’un visage âgé barbu et grimaçant et de l’autre coté d’un visage juvénile.

Hermès bifrons en marbre. Cette double tête en marbre est composée d’un coté d’un visage âgé barbu et grimaçant et de l’autre coté d’un visage juvénile.

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3 décembre 2015 4 03 /12 /décembre /2015 09:12

Découverte en 1994 par JM Chauvet et 2 autres spéléologues, la grotte Chauvet-Pont-d’Arc (Ardèche, France) qui compte plus d’un millier de représentations, est la grotte ornée la plus ancienne d’Europe, classée patrimoine mondial de l’Unesco en 2014.

Datée de 36 000 ans, soit presque 20 000 ans antérieure à Lascaux, la référence des grottes ornées européennes, elle bouleverse ainsi complètement la chronologie de l’évolution de l’homme moderne, arrivé en Europe il y a 40 000 ans.

Cette découverte « remet en cause nos connaissances générales sur l’histoire de l’art et l’évolution de la pensée et du cerveau humain » déclare Jean-Michel Geneste le directeur des recherches de la grotte Chauvet Pont-d’Arc.

L’ouverture au public le 25 avril 2015 de la Caverne du Pont-d’Arc, une réplique grandeur nature, a été l’occasion d’une mise au point sur l’art pariétal.

La grotte Chauvet Pont-d’Arc, une découverte culturelle unique

Dès sa découverte, la sophistication des représentations de la grotte Chauvet-Pont-d’Arc fut l’objet de polémiques sur la datation. Mais avec plus de 80 datations c’est aujourd’hui le site préhistorique dont la chronologie est la mieux établie soit la dernière glaciation, comme l'ont prouvé des analyses scientifiques mais aussi la datation des restes retrouvés dans le sous-sol de la grotte Chauvet. C’est ainsi que l’on a pu déterminer deux dates de fréquentation principales : principalement vers 36 000 ans pour les peintures, puis entre 24 500 et 27 000 ans pour des mouchages de torche et un petit foyer avant qu’un effondrement de la falaise n’obstrue l’entrée de la grotte interdisant tout accès jusqu’à nos jours.

Incontestablement, la grotte Chauvet-Pont-d’Arc est un témoignage unique de l’art aurignacien (voir infographie) dont les préhistoriens ne soupçonnaient même pas l’existence. En effet, la théorie officielle avait établi qu’il aurait fallu au moins 10 000 ans à l’homme moderne pour développer progressivement une technique suffisante pour réaliser les chefs d’œuvre magdaléniens de Lascaux env – 18 000 ans (France) puis Altamira env – 13 000 ans (Espagne), points d’orgue de son art.

Il était inimaginable que dès son arrivée en Europe, l’homme moderne puisse accéder à une telle virtuosité. Aujourd’hui cette théorie est invalidée par la découverte de la grotte Chauvet-Pont-d’Arc. De plus cette découverte a suscité de nouvelles recherches qui, en 2012, ont attribué une nouvelle datation à la grotte du Castillo (Espagne) en situant la peinture d’un disque rouge à 41 000 ans et une main dessinée au pochoir à 37 000 ans (1). D’autres sites sont en cours de réexamen. D’ores et déjà, la découverte en 2000 d’un sanctuaire humain daté de 30 000 ans dans la grotte de Cussac (Dordogne, France) en cours d’étude, témoigne de pratiques préhistoriques complexes et élaborées.

Ornement et vestiges de la grotte Chauvet-Pont-d’Arc

La grotte Chauvet-Pont-d’Arc impressionne par son exceptionnelle complexité, la richesse de ses ornements, la diversité de ses ressources archéologiques et paléontologiques et son état de conservation rarement égalé

Sur 8500 m² se succèdent des représentations sophistiquées et saisissantes : compositions pointillistes au pigment rouge, mains positives et négatives, animaux de la mégafaune ornent les parois de la grotte, mais aussi autels dédiés au culte.

Selon Jean-Michel Geneste la mise en scène de la totalité de la grotte est intentionnelle. « Ces œuvres sont organisées dans une progression qui commence par des panneaux majoritairement rouges qui sont espacés et disjoints pour conduire vers de grandes salles aux somptueuses compositions noires. » C’est au fond de la grotte que se découvrent les compositions les plus riches et les plus complexes. Les chercheurs ont également déterminé que nombre de monticules de pierres de dizaines, voire de centaines de kilos devant les fresques l’ont été par la main de l’homme et en aucun cas fortuitement, créant ainsi un aménagement symbolique. De même, des bassins et réservoirs d’eau ont été aménagés, bien qu’il soit attesté que la grotte n’a jamais été habitée.

Jean-Claude Geneste observe que « à Chauvet comme à Lascaux, coexistent des œuvres ostensibles, très apparentes, visibles de tout le groupe, et d’autre cryptées, dissimulées dans les tréfonds de ces sanctuaires […] qui ne se révèlent qu’à la lumière d’un éclairage adapté et surtout d’un regard éduqué […] On est dans le rituel, l’initiation, la transmission du savoir et la recherche d’un univers d’obscurité où les repères sensoriels sont perdus, donc accueillant pour l’imaginaire. »

Représentations animales

En dehors des représentations non figuratives (mains, symboles) la quasi-totalité des fresques représente des animaux, à l’exclusion de tout végétal.

« L’animal y est omniprésent et la densité des vestiges osseux d’ours des cavernes est visuellement stupéfiante » décrit Jean-Michel Geneste.

En effet, on relève un bestiaire de pas moins de 425 animaux de 14 espèces : ours et lion des cavernes, rhinocéros laineux, mammouth, panthère des neiges (unique représentation connue dans l’art pariétal occidental), mégacéros, bison (plus de 60 représentés), auroch, bouquetin, cerf, renne, hibou… dans lequel domine la triade félin-mammouth-rhinocéros.

Le degré de maitrise technique est impressionnant. Les artistes ont joué du relief de la roche pour mettre en valeur leurs compositions, les faisant en quelque sorte surgir de la pierre. En véritables peintres, ils préparent leurs supports par raclage, développent la perspective, utilisent l’estompe et le dégradé, dessinent à même l’argile des compositions encore « fraiches » comme un hibou ou un cheval.

Un culte à l’ours des cavernes ?

En sus des peintures qui le représentent, ont été retrouvés près de 200 crânes et quelques 4000 mandibules, humérus, côtes et ossements d’ours des cavernes. Cet animal déjà en voie d’extinction, hibernait dans cette grotte ainsi que l’atteste la salle des « bauges » (cavités où hibernait l’ours) et où s’observent sur le mur les marques des griffures des plantigrades. Certaines fresques ont d’ailleurs été intentionnellement réalisées sur les griffures.

Dans cette la salle des bauges, juste avant l’une des deux plus magnifiques fresques de la grotte, de 7 mètres de long, dite « Panneau des chevaux » entourant une niche, on peut observer une pierre triangulaire qui serait tombée de la voute, sur laquelle était placé sur une pointe, le crâne d’un ours et juste derrière, sur le coté de la base du triangle, un foyer. Et l’on a pu déterminer que cette pierre triangulaire est reliée à la niche par un écoulement d’eau.

L’intention cultuelle ne fait aucun doute. S’agit-il d’un culte à l’ours des cavernes ? Et si oui, pourquoi ?

Les recherches de Julien d’Huy, de l’EHESS, qui applique des algorithmes issus de l’étude du génome à l’analyse de mythe transmis par tradition orale recueillis à l’époque moderne, peut apporter une forme de réponse. S’appuyant sur la grande stabilité de ce type de récits et en établissant les points communs qui les unissent, le chercheur a pu préciser l’origine de certains mythes qui plongent leurs racines dans le paléolithique supérieur. Il est ainsi parvenu à la conclusion que certaines sociétés préhistoriques assemblaient déjà les étoiles pour former des constellations comme celle de la grande Ourse associée dans leur esprit au récit d’une chasse mythique.

Des félins anthropomorphes

La dernière fresque de la grotte, un chef d’œuvre, des félins males et femelles sont représentés dans une chasse au bison : représente une cavalcade de 36 lions mâles et femelles, 24 rhinocéros et 32 autres animaux (bisons, bœufs musqués, mammouths, chevaux). Avec ses 80 représentants, ce panneau illustre la première création artistique de l’Homme et le geste esthétique – dessin, estompe, perspective, mouvement – le plus ancien jamais découvert….

On peut constater une sorte d’anthropomorphisme graphique des visages qui se rapprochent de l’humain. Dans ce même contexte sur une courbure de la roche en avant plan, est représenté le bas d’un corps féminin avec son triangle pubien, enchassé visuellement dans un bison en station debout et dans un corps de félin.

Le chamanisme, une clé d’interprétation de l’art pariétal

Jean Clottes, conservateur général du patrimoine, préhistorien spécialiste du paléolithique supérieur et de l’art pariétal, directeur scientifique de la grotte Chauvet-Pont-d’Arc (1998-2002) après avoir supervisé l’authentification de la grotte, y voit l’expression d’un chamanisme. Dans l’espace liminaire des cavités souterraines, l’esprit de certains individus pouvait s’extraire de leur corps et voyager entre le monde réel et le monde surnaturel, ces chamans matérialisant alors leurs visions sur la roche.

Une culture paléolithique

Pour la préhistorienne Dominique Baffier, l’art pariétal est un art symbolique, inspiré par les mythes fondateurs d’une société. « L’art des cavernes raconte une mythologie » observe-t-elle, comme le montre le choix des espèces représentées, mais aussi l’absence d’éléments empruntés à la nature ou la vie quotidienne, végétation, rivières, astres ou objets usuels.

« Les œuvres de la grotte Chauvet-Pont-d’Arc comme celles de Lascaux reflètent « une conception dite animiste qui attribue un esprit non seulement aux humains, mais aussi à tout ce qui est vivant, animaux ou végétaux, de même qu’à la montagne, au vent ou à la pluie. Dans cette interprétation, l’homme n’est pas différent du reste du monde, il est dans une empathie spontanée avec son environnement » déclare Jean-Michel Geneste.

Il faut se rappeler que lors du peuplement initial de l’Europe, il y a 40 000 ans, les humains très peu nombreux, vivaient immergés dans une foule de grands mammifères et carnivores qui n’étaient pas perçus comme des prédateurs ou des proies (ils n’étaient pas chassés par l’homme) mais comme faisant partie de la nature au même titre que l’homme. L’animal est source d’inspiration et nourrit la spiritualité.

L’art rupestre peut être compris comme une forme d’expression de cette « empathie » avec le monde vivant. Mais « l’art préhistorique n’est pas pour autant un art naturaliste. Les animaux ne sont pas représentés pour ce qu’ils sont dans leur réalité formelle mais pour ce qu’ils symbolisent, affirme Valérie Feruglio, préhistorienne, membre de l’équipe scientifique de la grotte Chauvet-Pont-d’Arc… Ils parlent d’une vision d’une monde, d’une cosmogonie portée et symbolisée par des figures tutélaires forcément animales, clés de voûte des sociétés de chasseurs-collecteurs… Les parois rendent compte d’un condensé […] passé au filtre des préoccupations spirituelles d’un groupe appartenant à une culture dépassant le cadre de l’Ardèche. »

Ces différentes découvertes mettent en évidence l’existence d’une société paléolithique de chasseurs assez complexe, qui garde une même structure sociale sur de vastes aires géographiques et partage un même univers mythique, rituel et symbolique, avec des pratiques artistiques invariantes pendant plus de 20 000 ans.

En effet, de nombreuses recherches mettent en évidence les convergences symboliques des représentations des grottes ornées. Geneviève von Petzinger, anthropologue canadienne, a mis en évidence 28 signes communs dans les grottes d’Europe du paléolithique supérieur (- 40 000 à – 10 000 ans). Par ailleurs, mains positives et négatives sont présentes sur tous les continents, de l’Argentine (cueva de las Manos, Patagonie) à l’Indonésie (Bornéo).

La façon dont les empreintes de mains négatives sont réalisées à Bornéo « correspond à celle mise en œuvre par les guérisseurs : application des mains, crachoti de substances magico-thérapeutiques, les deux associés au souffle régénérateur du thérapeute » observe Jean-Michel Chazine, ethno-archéologue au CNRS étudiant les peintures rupestre de Bornéo. « Les communautés préhistoriques ont, dès les périodes les plus anciennes, manifesté leur capacité à combiner efficacité rituelle ou symbolique avec un sens de l’esthétique qui a perduré, même sous des formes différentes jusqu’aux époques les plus proches de nous » ajoute-t-il.

« L’art, depuis les débuts de notre humanité est vraiment le propre de l’homme (moderne). C’est pourquoi, plutôt que de nous qualifier d’Homo Sapiens (sage) et à plus forte raison de Sapiens sapiens, il paraitrait préférable d’opter pour Homo spiritualis artifex, la spiritualité étant le propre de notre espèce, tout comme l’art qui est l’une de ses conséquences » conclut Jean Clottes.

Conclusion

Cette culture d’hommes modernes qui se manifeste par une excellence artistique et une pensée mythologique et cultuelle près de 20 000 ans plus tôt que prévu est un choc pour les préhistoriens.

« Revisiter en la vieillissant de 10 000 ans la source de l’inspiration de l’art pariétal sur le continent européen […] nous force à revoir les modèles et les paradigmes élaborés à partir des années 1950, eux-mêmes hérités des visions de la fin du XIXe et du début du XXe siècle » reconnait Jean-Michel Geneste.

(1) Revue Science du 15 juin 2012

Documentation : Hors série Le Monde, la grotte Chauvet-Pont-d’Arc, aux sources de l’art, avril-juin 2015

LA GROTTE CHAUVET PONT D’ARC, UNE REVOLUTION ANTHROPOLOGIQUE
LA GROTTE CHAUVET PONT D’ARC, UNE REVOLUTION ANTHROPOLOGIQUE
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28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 17:37
Aristote et Platon - campanile de Florence

Aristote et Platon - campanile de Florence

Quelle sagesse pour notre temps, n'est pas une question intellectuelle, mais indispensable.

Car face aux défis du XXIè siècle et aux difficultés et crises que nous affrontons, la réponse n'est pas dans les ressources matérielles dont nous disposerons, mais bien plutôt dans les ressources morales.

Dans une émission radio (1) Michel Lacroix, en commentant son livre "Réalisation de soi et style d'existence" rappelle la nécessaire dialectique entre action et contemplation. Même si son avis est un peu simpliste, on peut souligner que l'équilibre entre les deux a toujours été le fondement de toutes les sagesses, et qu'il fut le point d'ancrage de l'humanisme de la Renaissance. Les Philosophies d'Orient nous apportent un lacher prise, un art de la non action, une voie méditative qui contrebalancent l'activisme effréné de nos vies modernes.

Il est évident qu'il nous faut développer les moyens intérieurs de prendre du recul et de la distance afin d'adapter au mieux nos réactions.

Michel Lacroix parle aussi de l'importance du souci de soi, dans une perspective plus psychologique que philosophique. Il n'en reste pas moins que toute amélioration passe par celle de l'individu. Si nous nous fuyons nous-même dans la distraction, le spectacle, l'action, nous ne pourrons jamais nous connaitre et nous améliorer, et nous ne pourrons donc jamais apporter un changement dans notre environnement. Car comme le rappellent les philosophes, tout changement du monde commence par soi-même.

Le troisième pilier de la sagesse que commente Michel Lacroix, est celui de la conciliation entre particularisme et universalisme. En élargissant le débat, que Michel Lacroix circonscrit à la sphère sociale et politique, il s'agit, d'un point de vue philosophique, de concilier individualisme et esprit de coopération et, là aussi, de trouver un équilibre entre l'accent mis sur l'individu qui lui permet une réalisation personnelle et le dépassement de son propre narcissisme pour collaborer à des idéaux qui exigent de lui certains sacrifices pour le bénéfice de tous, et de lui-même au final. Comme le disait Marc-Aurèle, ce qui est bon pour la ruche est bon pour l'abeille.

C'est donc à un équilibre des contraires, une gestion de la complexité, que nous invite la sagesse du XXIe siècle.

 

 

(1)

http://www.canalacademie.com/ida8556-Michel-Lacroix-Realisation-de-soi-et-style-d-existence-ou-comment-renouveler-la-sagesse-au-XXI-e-siecle.html

et aussi émission radio à podcaster : http://www.canalacademie.com/emissions/col674.mp3

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27 novembre 2009 5 27 /11 /novembre /2009 22:38

 Pourquoi les Grecs, qui vénéraient l'harmonie et dont l'adage «rien de trop» ornait le temple de Delphes, eurent-ils une telle vénération pour Dionysos, le dieux des excès, dont les rites semblaient si éloignés de la raison qu'ils vénéraient tant ?

Lorsque nous étudions les réalisations de la civilisation grecque, nous restons en admiration devant leurs œuvres splendides, leur architecture, leur sculpture, leur poésie, leur théâtre (tragédie, drames et comédies), leur philosophie, leur science et leur politique. Nous sommes conscients qu'elles ont fondé l'esprit européen et qu'elles rayonnent jusqu'à nous à travers l'histoire romaine et la culture de la Renaissance.

 

Le génie grec

En revanche, nous semblons avoir oublié les dieux grecs, ceux dont témoignent les statues et les temples, ceux qui animent la poésie d'Homère, les tragédies d'Eschyle et de Sophocle, qui fixent les normes et les buts de l?existence humaine. Comme s'ils n'avaient pas d'importance et qu'ils n'étaient que le produit accessoire d'esprits enfantins, prélogiques (1).

Mais qu'aurait été le génie grec sans ses dieux ?

Mythes et dieux

Pour le monde classique, les dieux ne sont pas des inventions humaines destinées défier la peur de la mort ou les forces de la nature. Les dieux sont des réalités vivantes, des pouvoirs naturels qui existent indépendamment des êtres humains. Ces réalités sont l'harmonie et l'unité, appelées Apollon, les lois et la justice, appelées Zeus, la beauté et l'amour, appelés Aphrodite ou encore l'intelligence et la sagesse, appelées Athéna.

Les Grecs parlaient des dieux à travers des mythes. Les mythes sont un langage d'images et de métaphores, qui exprime les grandes réalités universelles. Les mythes parlent par  symboles, intermédiaires entre notre monde et le plan des Idées, comme le nommait Platon, et nous invitent à élever notre pensée par delà les réflexions purement rationnelles. 

Le «deux fois né »

Dans la cité grecque de Thèbes, vivait la princesse Sémélé, fille du roi Cadmos et de la reine Harmonie. Sa beauté était si grande qu'elle fut bientôt l'objet de l'attention de Zeus. Il parvint à la séduire sous l'apparence d'un mortel, jusqu'à ce que la jeune fille, cédant à une insinuation de Héra, l'épouse jalouse du dieu, ne lui demande de prouver son identité et de se montrer à elle dans toute sa splendeur. Zeus dut s'exécuter et la belle, incapable de supporter la vue de la splendeur divine, fut consumée par ses flammes. L'enfant qu'elle portait, Dionysos, aurait été réduit en cendre si la déesse de la Terre, Gea, ne s'était interposée entre l'enfant et le dieu. Zeus recueillit Dionysos prématuré et l'enferma dans sa cuisse. Quand le terme fut venu, il l'extrait de sa cuisse. Cette double naissance valut à Dionysos l'épithète de dithyrambe, «le deux fois né».

L'enfance de Dionysos

Zeus confia l'enfant à la princesse Ino, soeur de Sémélé, mais Héra tenta de la rendre folle, et Zeus dut sauver une deuxième fois son enfant en le transformant en cabri et en le confiant à la garde du dieu Hermès, aidé des nymphes. Les muses, les ménades, les satires et les silènes contribuèrent à l'éducation de Dionysos.

Voyages et aventures

Quand Dionysos fut grand, il découvrit la vigne et l'art de faire du vin. Le mythe raconte qu'au début il buvait sans modération et que Héra en profita pour le plonger dans un état de folie divine dont il ne put sortir qu'en consultant l'oracle de Zeus à Dodone. Il parcourut le monde sur son char, tiré par des panthères sauvages.

Ses nombreuses aventures font état des difficultés que le dieu rencontra pour faire accepter ses fêtes et les rites qui lui étaient consacrés. Le roi Pentée, par exemple, tenta de s'opposer au dieu et de le faire emprisonner ainsi que ses prêtresses. Il fut châtié ainsi que sa mère qui, en plein délire mystique, étrangla son fils, le roi Pentée, de ses propres mains. Ceux qui ne suivent pas le culte du dieu sont dépecés.

À son retour en Grèce, le dieu put accéder à l'Olympe, non sans être préalablement descendu dans l'Hadès, lieu où résidaient les âmes des morts, pour rechercher sa mère Sémélé, afin de partager avec elle la compagnie des dieux immortels.

Les puissances de la vie

L'enfant dieu est le fils d'une mortelle et de Zeus, le roi des dieux. Sémélé symbolise la terre mère, fécondée par la foudre du dieu du ciel, d'où naît Dionysos, dont l'essence se confond avec la vie à l'état pur, surgie des entrailles du sol. Dionysos symbolise ainsi le miracle de la vie et de la force vitale qui parcourt l'univers.

De là le symbole du lierre qui couvre la tête du dieu et qui le protège à sa naissance et dans ses aventures. Le lierre, toujours vert quelles que soient les saisons, symbolise ce qui ne meurt jamais, la vie une qui transparaît à travers les cycles du temps.

La vie nous surprend à la fois par sa force mais aussi par sa prodigalité qui est sa propriété fondamentale. Tout ce qui est vivant tend à croître et à se reproduire. Pour cela, l'attribut du dieu est le thyrse, un bâton enlacé de lierre et surmonté d'une pomme de pin, chargé de semences, symbole de la fécondité et de l'abondance de la vie. C'est ainsi que les rites, danses et chants en l'honneur de Dionysos célèbrent les puissances de la vie qui nous fascinent et débordent toutes les limites. C'est pourquoi les participants des cultes dionysiaques semblent perdre la raison et devenir fous.

Les mystères de Dionysos

Dionysos est la puissance qui fait croître, qui donne aux plantes la vigueur pour s'élever vers le ciel après s'être putréfiées dans la terre. Il incarne donc la puissance vitale, à la fois fécondité féminine et matricielle, qui donne la vie, et virilité masculine, principe de l'engendrement. C?est pourquoi l'on en trouve la représentation dans ses mystères, comme ceux de la villa de Pompéi.  Ils mettent en scène une jeune épousée, qui s'apprête à rencontrer la puissance masculine symbolisée par le fascinus, phallus romain, caché sous un tissu, qui symbolise le principe viril. Dans d'autres représentations, la mort par dépècement rappelle l'épithète du dithyrambe, le «deux fois né», qui signifie qu'il faut mourir pour renaître, quitter la petite vie pour la grande, le lieu commun pour le plan supérieur.

La divine folie

Dionysos est la semence divine en l'homme, telle la semence de Zeus sur la Terre. Il est le transport divin, celui qui est favorisé par l'ivresse qui enlève les inhibitions et permet la libération des puissances intérieures. À ce titre il est la divine folie, associée à l'enthousiasme qui transporte. Dionysos est représenté comme un dieu éternellement jeune, il est la capacité de dépasser les cycles de l'existence. Sa jeunesse n'a rien à voir avec la jeunesse du corps, mais avec celle de l'âme qui, au-delà des changements de la vie, des hauts et des bas et du vieillissement physique, reste éternellement enthousiaste et donc jeune.

 

(1) stade de développement de l?enfant pendant lequel la logique n?est pas encore appliquée

Dionysos avec son thyrse et la panthère - coupe grecque

Dionysos avec son thyrse et la panthère - coupe grecque

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27 novembre 2009 5 27 /11 /novembre /2009 22:26
Jésus enseignant - sarcophage paléochrétien

Jésus enseignant - sarcophage paléochrétien

 Il est rare qu'une découverte biblique fasse la une des journaux. C'est pourtant le cas avec cet évangile perdu, «l'évangile de Judas», sans doute la plus importante découverte archéologique des soixante dernières années dans le domaine du christianisme primitif.

Avec la découverte des écrits gnostiques de Nag Hammadi en 1945, le monde a pris connaissance d?un pan oublié des premiers temps du christianisme : celui des gnostiques. Leurs évangiles, découverts dans une jarre, consignaient des enseignements de Jésus très différents de ceux du Nouveau Testament. Ils permirent de reconstituer une vision du monde du christianisme primitif que l'on ne connaissait jusqu'alors que par leurs détracteurs, l'essentiel des textes ayant été détruits à cause de leur caractère hérétique.

 

C'est également le cas de cet évangile de Judas, exemplaire unique enfin mis au jour après une rocambolesque et désastreuse épopée qui endommagea gravement ce papyrus découvert dans les années 70. Daté du IIe siècle (Irénée le mentionne en 180), ce texte a été découvert dans sa version copte du IIIe ou IVe siècle. Il bouleverse profondément notre vision du christianisme primitif, en mettant en scène un personnage traditionnellement maudit, Judas.

Les gnostiques

Cet évangile de Judas s'inscrit directement dans le corpus des écrits gnostiques chrétiens. Le terme «gnostique» vient du grec, gnôsis, qui signifie «connaissance». Ainsi, les gnostiques placent leur salut dans la connaissance et non dans la foi. Il s'agit pour eux de connaître à la fois la réalité du monde et leur propre identité. Car pour les gnostiques, ce monde ici-bas n?est pas notre véritable demeure. Nous y sommes emprisonnés dans des corps de chair et devons trouver les moyens de nous en libérer. C'est cette connaissance, dont le Christ est porteur, qui pourra les délivrer. C?'est aussi dans ce cadre que s'inscrit l'acte de Judas.

Judas, l'ami de Jésus

Ici, Judas n'est pas le traître corrompu et inspiré par le diable qui trahit son maître, celui traditionnellement vilipendé par les évangiles canoniques. Au contraire, il est l'intime de Jésus, celui qui l'a compris mieux que quiconque et celui à qui sont adressés ses enseignements «secrets». Jésus l'invite : «Viens que je t'instruise des choses cachées que nul n'a jamais vues.» Si Judas livre Jésus aux autorités, ce n'est pas par trahison, mais par obéissance. Car l?évangile perdu révèle que Jésus demande à Judas de délivrer son esprit pour regagner sa demeure céleste. Jésus lui déclare dans l'évangile «Mais toi, tu les surpasseras tous ! Car tu sacrifieras l'homme qui me sert d?enveloppe charnelle !». Appelé par Jésus «le treizième esprit», Judas est investi d'une mission : celle de livrer Jésus. Il accomplira le sacrifice suprême. Pour cela, son sort sera double comme le lui révèle Jésus : «tu deviendras le treizième et tu seras maudit par les autres générations» mais en même temps «tu règneras sur elles», car «l'étoile qui est en tête de leur cortège est ton étoile». Car, reprenant la tradition platonicienne du Timée, Jésus enseigne que chaque homme a son étoile.

Le dieu inférieur

Selon les gnostiques, le dieu qui a créé ce monde n'est pas le vrai dieu, ineffable, véritable «Grand Esprit invisible» qui sous-tend toute manifestation, sans aucun attribut matériel et totalement retranché du monde. C'est un dieu (éon) inférieur et ses acolytes qui ont créé ce monde-ci, parmi lesquels Saklas, le dieu dépourvu de sens, qui fait les humains à son image.

«Ils en ont fait un piège destiné à tenir en captivité les étincelles divines qu'ils avaient capturées, avec comme dessein de les placer à l'intérieur des corps humains.» (1) Ces étincelles divines sont par nature immortelles et étrangères à ce monde de corruption.

Autrement dit, le dieu de l'Ancien Testament, auteur de la Création, est vu comme une déité secondaire et subalterne. C'est ainsi que l'évangile de Judas révèle que ceux qui continuent à vénérer ce dieu se fourvoient et ne connaîtront pas la délivrance. Et il désigne les douze apôtres comme des «ministres de l'égarement». Seul Judas est considéré digne de recevoir les enseignements du Christ, la révélation de la véritable religion.

La connaissance secrète

Le salut ne vient donc pas de la vénération du Dieu de ce monde ou par l'acceptation de sa création, mais, bien au contraire, par la négation de ce monde et le rejet du corps qui nous y attache. Le salut ne vient pas non plus par la mort et la résurrection de Jésus, mais par la révélation de la connaissance secrète qu'il prodigue. «La résurrection d'un corps ramène la personne dans le monde du créateur. Puisqu'il s'agit de permettre à l'âme de laisser ce monde derrière elle et d'entrer dans "cette génération grande et sainte" - à savoir le divin royaume qui transcende ce monde ? une résurrection du corps est la dernière chose que Jésus, ou n?importe lequel de ses vrais compagnons pourrait souhaiter.» (1)

L'esprit divin

Car pour se délivrer, il est nécessaire de recevoir une révélation sur notre origine divine et les moyens de la rejoindre. «Selon cette conception, le Christ n'était pas un simple mortel délivrant de sages enseignements religieux. Pas plus qu'il n'était le fils du dieu créateur, le Dieu de l'Ancien Testament.» (1) Le Christ est vu comme un éon, une sorte de dieu, ayant pris des dehors humains, ou bien un être divin venu d'en haut pour être temporairement hébergé dans un homme appelé Jésus. Selon cette conception, l'esprit divin aurait quitté le corps de Jésus sur la croix, ce qui justifierait l'exclamation «Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?» Jésus est un être docétique, c'est-à-dire une apparence, dont de nombreux évangiles apocryphes nous disent qu?il pouvait prendre la forme qu'il voulait.

Le maudit

Dans l'évangile, Judas a une vision de sa destinée. Il se voit lapidé à mort par les autres apôtres et voit ensuite une belle maison où il veut entrer car «c'est un lieu réservé aux saints». Jésus lui fait comprendre qu'il ne peut entrer dans ce divin royaume qu'à condition de s'être libéré de sa chair mortelle. Car il y a un monde ici-bas et un royaume divin au-delà de ce monde, auquel il accèdera quand il aura atteint le salut fondé sur la connaissance secrète révélée par Jésus.

Le texte nous dit à la fin que le voeu de Judas est exaucé : il pénètre la «nuée lumineuse» qui dans l'Évangile représente le monde du vrai Dieu et de ses éons.

 

«Sachant que Judas réfléchissait encore au reste des réalités sublimes, Jésus lui dit : «Sépare-toi des autres et je te dirai les mystères du Royaume. Il te sera possible d'y parvenir mais au prix de maintes afflictions. Car un autre prendra ta place, afin que les douze [disciples] puissent se retrouver au complet avec leur dieu.»

L'Évangile de Judas, Flammarion, 2006

 

(1) Bart D. Erhman, le christianisme mis sens dessus dessous : l'Évangile de Judas une autre vision, in L'Evangile de Judas, Flammarion, 2006

 



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27 novembre 2009 5 27 /11 /novembre /2009 22:10

Shiva est une des principales divinités du panthéon hindou et l'une des plus ambiguës. Il est à la fois créateur et destructeur, dieu de l'ascétisme et de la procréation.

Shiva représente la tendance à la désintégration dans l'Univers mais aussi la régénération. Sa couleur est «blanc comme le camphre». Ses quatre mains symbolisent sa domination universelle. Rien n'échappe à son pouvoir destructeur et vivifiant. Sous son aspect fécondateur il est vénéré comme le linga, représentation symbolique du phallus. En tant que maître du yoga, il transcende la nature illusoire de la réalité.

 

En Inde du Sud, Shiva est adoré comme «seigneur de la danse» cosmique, Shiva Nâtarâja. Il est représenté avec deux de ses bras orientés en signe de bénédiction, la main inférieure droite tendue dans le geste qui rassure (abhayamudrâ) et au bout du bras gauche, tendu tel un bâton ou une trompe d'éléphant, l'autre main montre le pied gauche levé en lequel le dévot cherche refuge.

Le pied levé symbolise la grâce et l'envol du danseur ou la force ascensionnelle qui montre la voie de la libération, tandis que le pied resté au sol prend appui sur le nain Apasmâra, le démon de l'oubli,  personnifiant tamas, l'inertie et avidya, la nescience qu'il terrasse de son poids. C'est ainsi que ce mouvement illustre le sentier que devra suivre l'aspirant qui le mènera de la terre vers le ciel.

La danse cosmique

Shiva, de sa troisième main (supérieure droite) agite le damaru, petit tambour-sablier, qui scande les rythmes du monde, symbole de la vibration du son originel (bindu) dans l'espace au début de la création, à partir duquel la conscience habite toute chose dans l?univers. La première étape dans l'univers fut le déploiement de l'espace (akasha), la zone potentielle dans laquelle le monde s'étendit par l'énergie centrifuge de Shiva.

Shiva porte enfin dans sa quatrième main (gauche) simultanément le serpent, symbole des origines et le feu évoquant à la fois l'apparition de l'univers (fiat lux) et l'incendie consumant l'univers à la fin de chaque période cosmique. De ses tresses dénouées surgit la déesse Gange, fleuve céleste descendu sur la terre à travers la chevelure du dieu.

Du piédestal en forme de lotus jaillit un arc de flammes qui s'allume et s'éteint à chaque instant et symbolise son énergie irradiante, mais aussi le grand jeu de la vie et de la mort. Toute chose est sujette au changement continuel à mesure que l'énergie assume sans relâche de nouvelles formes dans le jeu (lîlâ) de la création, excepté le dieu dont la danse est immuable et absolue.

La danse de Shiva est un symbole de l'unité et du rythme de l'existence. Le processus infini de la création s'exprime par la posture énergétique du dieu. A la fin du Kâlî Yuga (l'âge actuel des conflits et de l'ignorance), l'expansion de l'univers s'accélère, tout fusionne et Shiva accomplit alors la danse terrible de destruction (tândava).

«La danse de Shiva est l'image la plus limpide de l'activité de Dieu telle que l'art ou la religion peuvent la glorifier»

Ananda Coomaraswamy

 

A lire :

Elisabeth Zana, La danse et le sacré, voyage dans la danse des origines à nos jours, Editions Dervy

Ce livre se veut un témoignage de la place occupée par la danse dans les différentes formes d'expression culturelle de l'homme. La danse, en reliant intimement l?homme au cosmos, se présente comme un art sacré universel.

 


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Shiva dansant - musée Guimet

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27 novembre 2009 5 27 /11 /novembre /2009 22:05
Léonard de Vinci - Clos Lucé - photo Isabelle Ohmann

Léonard de Vinci - Clos Lucé - photo Isabelle Ohmann

Reconstitution de l'atelier de Léonard de Vinci au Clos Lucé - image Isabelle Ohmann

Reconstitution de l'atelier de Léonard de Vinci au Clos Lucé - image Isabelle Ohmann

Léonard de Vinci fut la figure emblématique d’une époque. Il incarne l’humaniste de la Renaissance ouvert à toutes les connaissances. Peintre, musicien et poète, aussi bien que scientifique et ingénieur, il semble que rien n’ait échappé à son génie.

 

Il s’était formé vers 1460 à Florence, une école de philosophie platonicienne fréquentée par des artistes tels que Michel Ange et Botticelli qui fut un ami proche de Léonard. La redécouverte de cette philosophie soulignait la relation entre le mystère de la vie et le mystère de l’homme et la possibilité de percer ce double mystère par des voies appropriées, parmi lesquelles l’art et la connaissance.

 

La Beauté miroir de Dieu

L’artiste de la Renaissance florentine est investi d’une mission : exprimer le divin à travers la Beauté qui est visage de Dieu. L’artiste utilise le support esthétique pour faire cheminer des apparences vers l’essentiel, de la forme vers l’idée. L’artiste est donc d’abord celui qui capte et non pas un technicien des formes. L’art devient alors le reflet du divin et l’artiste son prophète.

Pour exprimer le divin, il faut être à l’écoute de toute chose, à commencer par la nature qui est la forme perceptible de l’énigme du monde et de la vie. C’est pourquoi, selon ses aptitudes, l’artiste peut également se transformer en chercheur qui scrute les mystères de la nature. C’est ce que fut en réalité Léonard qui mit son prodigieux talent d’observation au service à la fois de sa peinture et de ses inventions.

 

L’art est cosa mentale

Le maître mot de la recherche artistique de la Renaissance fut la proportion. Celle-ci existe «quand les parties d’un ensemble ont des rapports harmonieux entre elles et avec la totalité» selon la définition d’Alberti inspiré de Vitruve, un initié romain. La proportion dévoile l’unité qui naît de l’équilibre entre les parties. Et l’unité est l’empreinte de la divinité, car c’est le mystère qui se cache derrière la multiplicité des représentations. Percevoir l’unité en chaque chose c’est percevoir Dieu. Cette faculté est avant tout mentale. L’art est «cosa mentale» dit Léonard de Vinci.

Les proportions les plus nobles sont, selon Vitruve, celles du corps humain inscrites à la fois dans un cercle et dans un carré que Léonard reprendra dans un dessin resté célèbre. L’art nécessite donc une puissance d’abstraction qui seule permet de capter les idées. C’est pourquoi les mathématiques sont la base du travail de Léonard, dans la lignée de la tradition pythagoricienne, qui établit la science des nombres comme une métaphysique. Léonard fera son apprentissage avec le plus grand mathématicien de son temps, Luca Pacioli, qu’il rencontre à Milan vers 1490 et pour lequel il réalisera les dessins des solides platoniciens de son livre La divine proportion (1). C’est ainsi qu’il pourra affirmer «Que nul ne me lise dans mes principes qui n’est pas mathématicien».

 

Un homme ambigu

Si la structure de l’espace relève des mathématiques, l’animation du monde relève du conflit entre ombre et lumière. De ce conflit naît la vie, fille de l’ambigu et de l’inexprimable. Léonard traduira ceci dans sa peinture par une technique spéciale : le sfumato. Le sfumato, ou clair obscur, tente d’exprimer l’indicible et de faire naître la vie dans le tableau, lui donnant une dimension insaisissable qui fit le succès universel de la Joconde, le paroxysme de cette démarche étant sans doute atteint avec le Saint Jean.

Léonard ne cultivait pas seulement l’ambiguïté dans sa peinture. C’était également un homme ambigu. Il était ambidextre, puisqu’il dessinait des deux mains et écrivait aussi bien vers la gauche que vers la droite ; on le disait aussi homosexuel. Il était végétarien mais disséquait les animaux; il déclarait que la guerre était  folie bestiale, mais réalisait avec la plus grande ingéniosité des armes mortelles et des machines de guerre.

 

Raison et expérience

Que ce soit à Milan, au service de César Borgia ou de la ville de Florence, Léonard déploiera une activité de scientifique et d’inventeur remarquable. Nombre de ses inventions mécaniques (il conçut des machines acoustiques, hydrauliques, de guerre, volantes, etc.) ont vu leur application des siècles plus tard (3). Il fut aussi un des premiers anatomistes et botanistes.

Pour Léonard, la science, tout comme l’art, est une imitation de la nature, non pas pour la copier servilement, mais pour rendre vérifiable par l’expérience, les cosa mentale. Percevoir le mécanisme de la terre macrocosme ou reproduire l’anatomie du corps humain microcosme sont démarches semblables : elles visent à percer les lois d’une nature vivante, animée par des lois intelligentes et emplie de l’esprit divin. Imiter la nature, c’est donc tenter d’élucider ses lois et entrevoir l’énigme de Dieu. C’est se métamorphoser en démiurge, devenir créateur à l’égal de Dieu.

Léonard ne s’intéresse pas pour autant aux phénomènes spirituels, qu’il laisse aux philosophes et moines. Il se passionne, en revanche, pour les phénomènes naturels qui permettent une analyse sensible. Il se nomme «disciple de l’expérience». Pour lui l’expérience, conjuguée aux mathématiques, est mère de connaissance. Car une pratique sans science est comme un marin sans boussole. «La science est le capitaine, la pratique le soldat» écrit Léonard (2).

 

La peinture est une ascèse

Pour Léonard, la peinture est une fin ultime. «Le caractère divin de la peinture fait que l’esprit du peintre se transforme en une image de l’esprit de Dieu» écrit-il dans son Traité de la peinture (2). La peinture est recherche de l’absolu, synthèse de tous les arts : c’est le miroir du cosmos. Pour Léonard, le plus grand défaut des peintres est de faire ce qui leur ressemble. Leur comportement narcissique les amène à se projeter dans leur peinture. Le véritable peintre doit écarter les écrans subjectifs sans intérêt. Pour cela, dans le Traité, Léonard donne des conseils qui vont de l’ascèse mentale à l’hygiène de vie. Il invite à la constitution d’une nouvelle objectivité par spéculation et expérience.

 

Dans ce foisonnement intellectuel de la Renaissance, où l’individu s’ouvre au monde, Léonard, en humaniste novateur, cultive une approche interdisciplinaire qui relie les contraires : ombre et lumière, raison et expérience, observation et imagination, art et science. Il illustre ainsi retour d’Hermès, dieu de l’imagination et maître des correspondances entre le ciel et la terre et entre l’homme et l’univers.

 

Notes

(1) Le Nombre d’Or, Luca Pacioli, Editions du Compagnonnage.

(2) Traité de la peinture, Editions Berger Levraut.

(3) lire également l’article de Jorge Livraga, paru dans la revue Acropolis n°175, «les machines de Léonard» (www.revue-acropolis.com)

 

Exergue

«Ce qu’il y a dans l’univers,…, le peintre l’a dans l’esprit d’abord, puis dans les mains. Et celles-ci sont d’une telle excellence qu’elles engendrent à un moment donné une harmonie de proportions embrassée par le regard comme la réalité même» Léonard de Vinci, Traité de la Peinture

 

 


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27 novembre 2009 5 27 /11 /novembre /2009 22:04

Les sens nous gouvernent-ils ? Nul doute si l’on s’en tient à la tendance toujours plus sensationnalistes des images et des objets qui nous sont proposés. Mais toutes les traditions ont enseigné une modération des sens. En Orient, l’hindouisme nous apprend à les remettre à leur juste place et à s’en rendre maître.

 

Nos cinq sens (ouïe, toucher, vue, goût, odorat) sont des portes ouvertes sur le monde extérieur. Mais Platon parle déjà de l’illusion des sens. Car les sens nous trompent. L’exemple du bâton dans l’eau le prouve. Lorsqu’on plonge un bâton dans l’eau, nous percevons son image comme brisée : la partie demeurée à l’extérieur de l’eau forme un angle avec celle immergée. Mais ce n’est qu’une illusion d’optique que l’on constate en retirant le bâton de l’eau.

 

Nous ne pouvons donc pas baser notre connaissance du monde sur les sens. Il nous faut mettre en jeu le mental pour trier et classer les sensations qu’ils nous procurent. Car comme le dit le philosophe hellénistique Plotin, «la sensation est notre messager, l’intelligence est notre roi.» Considérés comme les grands coupables de la civilisation judéo-chrétienne, les sens ne sont en fin de compte que de simple capteurs. C’est de leur maîtrise par le mental que dépendra notre progression spirituelle.

 

La sensation peut l’emporter sur la raison

 

La sensation, cette impression psychologique qui naît de la stimulation des sens, peut sortir de son cadre et s’imposer à nous. Elle devient alors pulsion irrésistible ou obsession. Commence alors un parcours effréné pour satisfaire ce besoin ressenti comme une nécessité. Pourquoi tant de gens se précipitent-ils pour voir des films d’horreur, si ce n’est par recherche de sensations fortes ? Et qui ne s’est jamais étonné de voir un médecin fumer ? Du fait de sa nature instinctive, la sensation l’emporte souvent sur la raison.

 

Bien plus, aujourd’hui, la plupart d’entre nous souffrons de surcharge sensorielle, résultat d’un bombardement constant de la part de notre société de consommation qui s’évertue à éveiller nos sens pour attirer notre attention et nous séduire. Nous sommes sans arrêt soumis à des agressions visuelles, des sons stridents, des couleurs tonitruantes ou des situations dramatiques.

 

Comment apprendre à mettre les sensations à leur place ? Car si nous ne les disciplinons pas, elle nous domineront par leurs exigences incessantes. Devenus les otages des sens, nous perdrons pied dans la quête intérieure.

 

Maîtriser ses impressions sensorielles

 

Le contrôle des sens est une étape indispensable du parcours de celui qui veut conduire son esprit vers les plus hauts sommets. La première vertu à développer est bien entendu la modération, prônée par toutes les voies traditionnelles en Orient comme en Occident. Parmi les péchés capitaux des sens, il y en a de plus difficiles à vaincre que d’autres. Ainsi le goût et le toucher qui ne sont satisfaits que par un contact intime, exercent-ils une pression plus forte que la vue, l’ouie ou l’odorat qui maintiennent une certaine distance avec l’objet. C’est pourquoi l’abstinence et le jeûne se retrouvent-ils au départ de toutes les voies spirituelles.

 

Il nous est impossible d’exercer un quelconque contrôle de notre mental si nous ne maîtrisons pas nos impressions sensorielles. En détachant notre conscience des impressions négatives, nous renforçons l’immunité de notre mental et le libérons pour vivre des expériences intérieures plus profondes. Nous devons donc apprendre à nourrir nos sens pour provoquer des impressions mentales adéquates. La plupart d’entre nous faisons attention aux aliments que nous absorbons et aux personnes que nous fréquentons. Mais nous ne sommes pas aussi regardants au sujet des impressions avec lesquelles nous alimentons nos sens. Nous acceptons, par l’intermédiaire de la télévision par exemple, des personnes et des situations que nous ne tolèrerions pas dans notre vie. Pensons-nous qu’elles n’ont pas d’effet sur nous ? Nous devons en prendre conscience. Les sensations violentes, par exemple, émoussent le mental et poussent à agir brutalement.

 

Le retrait des sens

 

Selon l’Ayurvéda (1), la médecine traditionnelle hindoue, les impressions sensorielles sont les principaux aliments de l’esprit. La voie du yoga offre de nombreux outils pour les gérer correctement.

Une des façons de contrôler nos impressions est de les effacer complètement, de faire un jeûne en quelque sorte. On peut s’asseoir les yeux fermés et se retirer en soi-même. Ce retrait des sens est comparé, en Inde, à une tortue qui rentre ses membres sous sa carapace. Profiter des vacances pour faire un jeûne médiatique peut s’avérer très bénéfique.


Nous pouvons également essayer de contrôler nos sens sans les fermer mais en retirant notre attention de leur objet. En gardant les yeux ouverts, nous dirigeons notre attention vers l’intérieur ; de la même manière nous ramenons mentalement un à un tous les organes de nos sens vers l’intérieur.

Une autre façon pour purifier l’esprit et contrôler les sens est de se concentrer sur une source d’impression uniforme : un ciel ou une mer bleue. Comme notre corps peut se ressourcer dans les monodiètes (où l’on ne consomme qu’un seul aliment) notre mental peut nécessiter l’absorption d’impressions simples et homogènes pour faciliter sa digestion.


Une autre manière de contrôler les sens est de créer des impressions positives. Contempler des objets naturels, comme les arbres, les montagnes, les fleurs ou visiter des lieux chargés d’impressions positives comme les temples, les lieux de pèlerinage. L’écoute de musique douce, la contemplation d’œuvres d’art, l’usage de parfums de bonne qualité aident à raffiner les sensations.


Une autre technique de retrait sensoriel consiste à se concentrer sur les impressions intérieures en retirant notre attention des impressions extérieures. La concentration sur sa respiration est la méthode la plus simple et la plus efficace. Une autre méthode est la visualisation. La plupart des techniques de méditation emploient la visualisation comme outil pour entrer en soi-même et s’abstraire du monde extérieur.

Mais ces méthodes sont simplement préparatoires. Car les yogis nous rappellent que le mental est le sixième de nos sens et qu’il convient de le maîtriser également. Car lorsque le mental est contrôlé, les sens le sont aussi automatiquement. Mais ceci est une autre histoire.

 

 

 

(1) lire à ce sujet l’ouvrage de David Frawley, Yoga et Ayurvéda, autoguérison et autoréalisation de soi, aux éditions Turiya.

 



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27 novembre 2009 5 27 /11 /novembre /2009 22:00

De Platon à nos jours l’énigme de l’Atlantide a fasciné des générations entières. Même si pour la majorité des scientifiques actuels l’Atlantide reste un mythe, un ensemble de traditions et leur éclairage scientifique plaide en faveur de l’existence de cette mystérieuse civilisation dont tout laisse à penser qu’elle fut hautement cultivée.

 

Texte

Le monde dont nous allons parler existait il y a douze mille ans et peut-être plus, alors que selon l’état de nos connaissances actuelles, les premiers être humains ou considérés comme tels seraient apparus sur la terre il y a plus de cinq millions d’années.

 

Que sait notre science historique du passé humain ? L’archéologie des cent dernières années s’est chargée de montrer que la myopie de l’histoire était immense. Sont apparus une multitude de cités, de royaumes et d’empires dont nous ne connaissions rien, faisant ainsi reculer de plusieurs millénaires la naissance de la civilisation humaine. Ne vient-on pas ainsi de prouver la connaissance de l’art du textile il y a vingt cinq mille ans, d’après des empreintes de tissu retrouvées sur les parois de grottes de la République Tchèque, ce qui met à mal les images d’Epinal des hommes de la préhistoire vêtus de peaux de bêtes.

 

On se rappellera aussi la dépréciation que subirent les événements de l’histoire simplement parce qu’ils étaient mentionnés dans des mythes ou des légendes. Mais la persévérance de l’allemand Schliemann qui mit au jour la mythique ville de Troie au XIXe siècle leur apporta le plus éclatant démenti.

 
Une énigme fascinante

 

Plus de vingt cinq mille livres ont été écrits sur l’Atlantide. Dans le siècle écoulé de nombreuses recherches scientifiques menées avec des moyens de plus en plus sophistiqués ont apporté de nouveaux éclairages sur cette énigme qui passionne l’Occident depuis au moins deux mille cinq cents ans.

Déjà Hérodote, au Ve siècle av. J.-C. évoquait le peuple des Atlantes, le plus éloigné du monde connu. Mais c’est à travers les écrits du grand philosophe grec, Platon, que l’Atlantide fait son entrée dans l’histoire de l’Occident.

 

Platon, on le sait, avait reçu ses enseignements des prêtres égyptiens, puisqu’il avait séjourné dans leurs temples. Dans ses récits, en réalité Platon décrit surtout le dernier fragment sauvé des différents cataclysme du continent atlante et qu’il appellera Poséidonis. (1) Il n’est pas impossible d’imaginer que Platon, initié aux mystères et tenu au secret, en savait plus qu’il ne pouvait le dire et nous a révélé une vérité partielle.

 

Ses deux récits au sujet de l’Atlantide, le Timée et le Critias (voir encadrés) sont truffés de détails. Platon n’expose pas seulement l’idée d’un continent englouti. Il décrit les villes, les habitudes, la manière de gouverner. Il explique même comment les Atlantes de Poséidonis protégeaient leur flotte.

Accepter la version platonicienne entraînerait une véritable révolution copernicienne des théories de l’histoire, c’est pourquoi elle est aujourd’hui reléguée au rang de récits imaginaires ou d’allégories à vocation politique. Proclus, philosophe néoplatonicien du Ve siècle pensait, quant à lui, que l’Atlantide devait être comprise à la fois comme une réalité historique et comme une allégorie. Pourtant, la description si exhaustive de Platon devrait nous faire penser qu’il n’y a pas de fumée sans feu. D’autant plus que les convergences entre la tradition occidentale et orientale sont plus que troublantes.

 

La tradition orientale de l’Atlantide

 

 La tradition la plus ancienne sur l’existence d’un continent disparu provient d’un texte hindou, le Vishnou Purana. Le nom donné à ce continent est Lanka, ce qui signifie île. Selon le Vishnou Purana, la terre aurait changé plusieurs fois de relief. Ceci est confirmé par de nombreuses recherches modernes qui ont démontré, par exemple, qu’il y avait autrefois des zones tropicales là où aujourd’hui sont établies des zones glaciaires.

 

Dans un style poétique et symbolique, le texte évoque une civilisation assez évoluée. On y décrit un certain nombre de véhicules appelés «vimanas» destinés au transport aérien. Ils sont décrits avec une certaine précision et leur forme, de profil, serait celle d’un bateau volant. Au cœur de ce bateau était placée une pierre et la description faite de cette pierre et de son fonctionnement fait penser à ce que nous appellerions aujourd’hui une pile atomique. En effet, selon les textes, les habitants de Lanka connaissaient une énergie qu’ils appelaient «marmash» qui se condensait en matière. Cette condensation produisait une énergie qui permettait d’alimenter les moteurs du navire.

 

On connaît aujourd’hui la conversion possible entre l’énergie et la matière, mais le processus décrit par le Vishnou Purana est l’inverse de celui que nous employons dans nos usines atomiques.

 

Les bateaux possédaient aussi des sortes de rames qui étaient des sortes de fusées qui lançaient des flammes. Lorsqu’ils voulaient monter, il plaçaient les « rames-fusées » vers le bas. Ils avaient un système de réglage qui leur permettait d’atterrir sans piste d’atterrissage.

 

Il est mentionné d’autres formes de navires qui avaient la forme d’un oiseau. Ceux-là étaient employés pour la guerre. Ces «navires-oiseaux» jetaient des «œufs» plein de cette énergie appelée «marmash». Lors d’un combat un de ces « œufs » aurait tué plus d’un million de personnes. Le texte parle aussi de rayons paralysants, de grandes villes, de chauffage artificiel.

 

Lorsque ce texte fut traduit au XIXe siècle ces récits semblaient de la science fiction. Aujourd’hui l’évolution technologique met des images précises sur ces descriptions qui, de ce fait, ne semble plus aussi fantastiques.

 

 

La tradition ésotérique

 

Dans son oeuvre colossale, La Doctrine Secrète, la grande ésotériste du XIXe siècle Héléna Blavatsky rapporte les enseignements de la tradition archaïque contenus dans le Livre de Dzyan auquel elle a eu accès dans les temples tibétains.

Selon elle, l’affaissement de l’Atlantide (continent et îles) commença durant la période Miocène et atteignit son point culminant au moment de la disparition du plus grand des continents, événement qui coïncida avec le soulèvement des Alpes. Elle écrit : « La majeure partie de l’Atlantide s’abîma durant l’époque Miocène. Il ne restait que Routa et Daitya et quelques îles égarées ça et là…Platon condensa l’histoire de l’Atlantide qui couvrait une période de plusieurs millions d’années en un seul événement qu’il localisa dans une île relativement petite, de trois mille stades de long sur deux mille de large, ce qui représente à peu près les dimensions de l’Irlande, tandis que les prêtres parlaient de l’Atlantide comme d’un continent aussi grand que l’Asie et la Libye réunies. » (2)

 

 

Pourquoi les Atlantes ont-ils disparu ?

 

Les textes soulignent que cette civilisation avait trop exagéré l’emploi de ses pouvoirs matériels et ceci avait provoqué une réaction de la planète Terre.

Là où aujourd’hui nous parlerions de pollution, les vieux textes disent que l’atmosphère était devenue irrespirable et que les animaux commençaient à souffrir de mutations. A la suite de ces réflexions, ils expliquent que les Atlantes ont essayé, avec l’énergie du «marmash» de déplacer l’axe de la terre afin d’obtenir un éternel climat printanier. Ces agressions envers la Terre se sont traduites par des réactions de la planète, considérée par les anciens comme un être vivant, qui déclencha un grand cataclysme maritime, cause de la destruction de l’Atlantide. Les textes disent que ce cataclysme fut planétaire et qu’il provoqua une forte diminution de la population mondiale. Il aurait eu lieu il y a 850 000 ans. Il est curieux de constater que le mouvement géosynclinal des Andes, c'est-à-dire le mouvement qui a donné naissance aux Andes est apparu il y a 850 000 ans.

 

Tout d’abord l’Atlantide fut coupée en deux petites îles, appelées dans les textes sanscrits Ruta et Daytia. Puis d’autres cataclysmes se succédèrent, au cours desquels l’Atlantide se fragmenta en un certain nombre d’îles, de plus en plus petites.

 

Selon Héléna Blavatsky, les Atlantes employaient des incantations magiques même contre le Soleil. Les Atlantes de la dernière période étaient renommés pour leurs pouvoirs magiques et leur méchanceté. Les hommes qui leur avaient succédé conservèrent pieusement les traditions qui leur enseignaient que l’humanité dont ils descendaient était devenue plus arrogante à chaque génération et, par suite de l’acquisition de pouvoirs super-humains, avait glissé graduellement vers sa fin. (2)

 

La suite des textes coïncide avec les textes précolombiens, sumériens ou la Bible qui mentionnent un grand déluge universel. A cette époque, environ dix mille ans avant notre ère selon la chronologie de Platon, ne subsiste de l’Atlantide que l’île Poséidonis.

 

 

Où était située l’Atlantide ?

 

De nombreuses hypothèses ont été avancées sur la localisation de l’Atlantide, parmi lesquelles des plus fantaisistes. Une de ces hypothèses, largement soutenu par le commandant Cousteau, tendait à identifier l’Atlantide à l’île de Santorin, au large de la Crète. Plus récemment, un chercheur marseillais affirmait avoir mis en évidence l’île mystérieuse au débouché ouest du détroit de Gibraltar.

 

Mais conformément aux récits platoniciens et selon la tradition du livre de Dzyan, cette île aurait été de la surface de la Grande-Bretagne et se serait trouvée approximativement entre la partie nord de l’Europe et le Golfe du Mexique. C’est sa chute que Platon raconte dans le Timée. Cet événement libère le courant du Gulf Stream qui véhicule les eaux chaudes de l’Amérique vers l’Europe et provoque de forts changements climatiques en Europe du Nord.

 

Ces récits nous fascinent encore aujourd’hui, d’autant que nous n’avons trouvé aucun témoignage concret de l’Atlantide. Mais ils peuvent nous suggérer également un questionnement. Une super civilisation précédant notre humanité actuelle a-t-elle vraiment existé ? Et nous-même dans l’avenir, pourrions nous subir la même fin que cette civilisation. Certains signes ne sont-ils pas déjà là pour nous inviter à réfléchir à ces questions ?

 

 

(1)   C’est le lieu où se déroule le roman « Ankor, le disciple » de J. Livraga, éditions des 3 Monts

(2)   Doctrine Secrète, Tome IV.

 

 

Note

Cet article est largement inspiré d’une conférence de Jorge Livraga, donnée à Lyon le 18 juin 1986.

 

Citation

Le récit de Platon

 

Les prêtres égyptiens transmettent à Solon les récits historiques.

 

« Il y a eu souvent et il y aura encore souvent des destructions d’hommes causées de diverses manières […] Tout d’abord vous ne vous souvenez que d’un seul déluge terrestre, alors qu’il y en a eu beaucoup auparavant […]

Les monuments écrits disent que votre cité (1) détruisit jadis une immense puissance qui marchait insolemment sur l’Europe et l’Asie toutes entières, venant d’un autre monde situé dans l’océan Atlantique. On pouvait alors traverser cet océan, car il s’y trouvait une île devant ce détroit que vous appelez, dites-vous, les colonnes d’Héraclès(2). Cette île était plus grande que la Libye et l’Asie réunies. De cette île on pouvait alors passer dans les autres îles et de celles-ci gagner tout le continent qui s’étend en face d’elles et borde cette véritable mer […] Or un jour, cette puissance, réunissant toutes ses forces, entreprit d’asservir d’un seul coup votre pays, le nôtre et tous les peuples en deçà du détroit…

Mais dans le temps qui suivit, il y eut des tremblements de terre et des inondations extraordinaires, et, dans l’espace d’un seul jour et d’une seule nuit néfastes, tout ce que vous aviez de combattants fut englouti d’un seul coup dans la terre, et l’île Atlantide, s’étant abîmée dans la mer, disparut de même.»

 

Platon, Timée, 21-26, Ed Garnier Flammarion, traduction par E. Chambry

 

(1) Athènes

(2) le détroit de Gibraltar

 

 

Citation

 

Pourquoi les Atlantes disparurent-ils ?

 

«Pendant de nombreuses générations, tant que la nature du dieu se fit sentir suffisamment en eux, ils obéirent aux lois est restèrent attachés au principe divin auquel ils étaient apparentés […]

Mais quand la portion divine qui était en eux s’altéra par son fréquent mélange avec un élément mortel considérable et que le caractère humain prédomina, incapable dès lors de supporter la prospérité, ils se conduisirent indécemment […]

Alors le dieu des dieux, Zeus, qui règne suivant les lois et qui peut discerner ces sortes de choses, s’apercevant du malheureux état d’une race qui avait été vertueuse, résolut de les châtier pour les rendre plus modérés et plus sages.»

 

Platon, Critias, 120, Ed Garnier Flammarion, traduction par E. Chambry

 

 

Citation

 

Les richesses de l’Atlantide                                                                

[…] Poséidon, ayant eu en partage l'île Atlantide […] découpa le pourtour par des enceintes faites alternativement de mer et de terre […]Il fit jaillir du sol deux sources d'eau, l'une chaude et l'autre froide, et fit produire à la terre des aliments variés et abondants […]

Avec toutes ces richesses qu'ils tiraient de la terre, les habitants construisirent les temples, les palais des rois, les ports, les chantiers mari­times, et ils embellirent tout le reste du pays […] Ils creusèrent depuis la mer jusqu'à l'enceinte extérieure un canal… et ils [l’]ouvrirent aux vaisseaux venant de la mer [...] Ils revêtirent d'un mur de pierre le pourtour de cette île, les enceintes et les deux côtés du pont... Ils mirent des tours et des portes sur les ponts et à tous les endroits où passait la mer…Ils revêtirent d'airain, en guise d'en­duit, tout le pourtour du mur qui entourait l'enceinte la plus extérieure; d'étain fondu celui de l'enceinte inté­rieure, et celle qui entourait l'acropole elle-même d'ori­chalque (1) aux reflets de feu.[…]

 

Les deux sources, l'une d'eau froide et l'autre d'eau chaude, avaient un débit considérable et elles étaient, chacune, merveilleusement adaptées aux besoins des habitants par l'agrément et la vertu de leurs eaux. Ils les avaient entourées de bâtiments et de plantations d'arbres appropriées aux eaux. Ils avaient construit tout autour des bassins, les uns à ciel ouvert, les autres couverts, destinés aux bains chauds en hiver. Les rois avaient les leurs à part, et les particuliers aussi; il y en avait d'autres pour les femmes et d'autres pour les chevaux et les autres bêtes de somme, chacun d'eux étant disposé suivant sa destination.

 

Platon, Critias, traduction par Emile Chambry, Garnier Flammarion

 

(1) l’orichalque était selon Platon un alliage plus précieux que l’or dont on a perdu la trace dans l’histoire.

 



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27 novembre 2009 5 27 /11 /novembre /2009 21:56

Pour échapper à l’emprise de notre monde artificiel, la méditation est une pratique de plus en plus recherchée. Favorisant le retour sur soi dans le calme et la solitude, le recentrage et le contact avec une autre dimension de soi-même, la méditation apparaît comme l’outil essentiel de la vie intérieure et l’antidote à une vie désenchantée et dépourvue de signification.

 

Une pratique millénaire

 

La méditation est une tradition dans toutes les voies spirituelles. Elle est considérée comme l’une des pratiques les plus élevées dans les religions millénaires comme dans les voies traditionnelles telles que le yoga ou les arts martiaux.

La pratique de la méditation entraîne la libération de l’activité mentale. Le mental est agité par des désirs alimentés par les sensations. La méditation permet de déconditionner le mental des impressions du monde extérieur et de sa propre subjectivité. De la même manière qu’il existe certaines règles pour répondre aux besoins du corps, comme la nourriture et les exercices, l’esprit a besoin d’une hygiène et de certains aliments pour pouvoir s’élever et atteindre le plan spirituel.

 

La méditation, une expérience transformatrice

 

La méditation est l’art de l’introspection. Elle nous ramène vers le centre de nous-mêmes, ce lieu intangible où nous sommes hors d’atteinte des fluctuations de la vie, notre montagne intérieure dont le sommet est toujours éclairé par le soleil de l’esprit. La méditation nous rappelle qui nous sommes vraiment en nous permettant d’expérimenter la puissance de notre être intérieur, qui nous remplit de joie et de plénitude. Elle nous rapproche du divin qui est en chacun de nous.

 

Dans cette perspective la méditation devient une éducation de soi, une préparation secrète de nous-même face au monde incertain et éphémère. Loin de nous écarter du monde ou de nous affaiblir, la méditation, au contraire, renforce notre participation intramondaine et nous permet d’agir avec plus d’efficacité. Elle nous donne équilibre et assurance parce qu’elle fait naître en nous des racines célestes, qui tirent leur sève de notre nature spirituelle et non pas des succès temporels. Elle nous permet de vivre notre vie avec plus d’intensité car elle nourrit une attitude d’acceptation fondamentale face aux événements. Au lieu de réagir avec intensité et rigidité face aux difficultés de l’existence, réactions qui provoquent des douleurs psychologiques et parfois physiques, nous développons une attitude d’accueil aux situations successives dans lesquelles nous plonge naturellement le cours de la vie. Elles ne sont que le décor dans lequel évolue l’acteur qui réside au plus profond de nous, le cadre qui offre la parole à cet être incorruptible cherchant à s’exprimer à chaque instant.

 

Comment méditer ?

 

Dans les voies traditionnelles, la méditation est considérée comme un état qui se conquiert d’abord par la purification : purification du corps au moyen de la modération et de l’abstinence, incluant des périodes de jeûne, chasteté, etc., mais aussi d’une discipline telle que le yoga ou les arts martiaux traditionnels ; purification de la pensée et des sentiments au moyen de la prière et d’une vie éthique, c'est-à-dire un comportement animé par les qualités morales et tourné vers les autres et vers un idéal de perfectionnement.

 

Ces préalables étant acquis, il est conseillé d’être initié à la méditation par des personnes qualifiées. Il est recommandé une pratique régulière, humble et patiente, car l’expérience spirituelle éclot en chacun lorsqu’il y est prêt.

 

Il existe en fait deux types de méditation : la méditation avec objet, qui implique la fixation de l’attention sur une forme un son ou un objet et la méditation sans objet qui est le véritable but à atteindre.

 

La porte d’entrée pour la méditation est la concentration. Si l’on ne parvient pas à fixer son esprit en un point, à calmer ses agitations incessantes et à contrôler ses vagabondages, il n’est pas possible de vivre l’expérience de la méditation. En fait, peu de gens peuvent vraiment se concentrer. Nous ne pouvons éviter de penser et notre mental est sans cesse actif. Même si l’on reste en mouvement, on ne cesse de penser. Il faut donc dans un premier temps acquérir un état de quiétude mental.

La première chose à apprendre est de s’absorber complètement dans ce que l’on fait, sans penser au passé ou à l’avenir, ou à toute autre chose. Ramener le mental dans le présent permet de concentrer notre énergie sans nous disperser. En atteignant l’état de concentration, on amène le mental au silence. Aussi, la plupart du temps, les techniques modernes dites de méditation (concentrer son regard sur une bougie ou sur une image) ne sont-elle que des versions actuelles de techniques ancestrales de concentration.

 

Devenir spectateur de soi-même

 

Une pratique simple, que l’on peut faire dans n’importe quelle situation, dans la rue, à la maison ou au bureau, c’est de diriger l’attention sur le corps, le parcourant mentalement de la tête aux pieds pour le détendre pendant une minute. On peut ensuite diriger son attention à l’intérieur de soi en essayant de prendre conscience des pensées qui traversent notre esprit ; les observer en spectateur en les laissant aller et partir ; vous constaterez que cette concentration sur vous-même arrête vos pensées et ce d’autant mieux que vous ralentirez votre respiration. Dans des cas où vous en aurez l’occasion, essayez de faire la même chose, le corps relaxé dans une posture allongée ou assise.

Si vous parvenez à maintenir l’état de spectateur de vous-même, les pensées ne viendront plus vous troubler, votre mental se détachera et se videra petit à petit. Pour renforcer la lutte contre ce flot incessant de pensées, il convient de fixer son mental sur sa respiration ou sur une image, en visualisant un paysage admiré par exemple. C’est ainsi que l’on acquiert le silence du mental, qui permet d’élever la conscience à l’état méditatif.

 

L’état de méditation

 

Dans l’état de profonde méditation, on perd la conscience du temps et de l’espace, de son corps et de ses sensations. L’état de conscience ainsi atteint est au-delà des émotions, de l’intellect ou de l’imagination. Dans le même temps, le cœur s’ouvre et déborde d’un amour rayonnant. On devient alors seulement conscient de l’être pur. Toute créature et le monde entier vibrent alors comme une conscience pure. Dans l’état de samadhi, état de super-conscience, le méditant abandonne le sens de son propre être et ne fait qu’un avec Dieu. C’est l’expérience spirituelle ultime.

 

 

Citation

 

«Celui qui est parvenu à la méditation s’efforcera constamment de rester en paix dans le Suprême, seul dans un lieu solitaire, son corps et ses pensées contrôlés, sans possession ni désir. Il placera dans un lieu propre un siège stable, ni trop haut, ni trop bas… Là, pour se purifier, il pratiquera la méditation, concentrant son esprit et maîtrisant sa pensée et ses sens, maintenant le corps, la tête, le cou droit et immobile, le regard fixé sur le bout du nez, sans regarder autour de soi.»

Bhagavad-Gîtâ, ch VI



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