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  • : Le blog de Isabelle OHMANN
  • : Articles sur l'histoire, la philosophie, l'art de différentes civilisations
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Présentation

Isabelle Ohmann vous présente ce blog culturel pour partager avec vous le fruit de ses recherches.
Elle anime depuis 25 ans des activités culturelles, conférences, stages et séminaires sur des sujets ayant trait à l'histoire, la philosophie et l'art.
Elle intervient dans de nombreuses associations et apporte sa contribution à différentes publications.
Elle anime des voyages culturels vers différentes destinations (voir rubrique spécifique dans ce site).
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Voyages culturels

Isabelle Ohmann accompagne différents voyages culturels :

Florence des Médicis du 20 au 24 février 2010

Pérou, sur les traces des Incas du 2 au 13 avril 2010

Prague, ville magique du 23 au 27 octobre 2010

Pour plus dinformations, consultez les pages de ce blog
27 novembre 2009 5 27 /11 /novembre /2009 22:38

 Pourquoi les Grecs, qui vénéraient l'harmonie et dont l'adage «rien de trop» ornait le temple de Delphes, eurent-ils une telle vénération pour Dionysos, le dieux des excès, dont les rites semblaient si éloignés de la raison qu'ils vénéraient tant ?

Lorsque nous étudions les réalisations de la civilisation grecque, nous restons en admiration devant leurs œuvres splendides, leur architecture, leur sculpture, leur poésie, leur théâtre (tragédie, drames et comédies), leur philosophie, leur science et leur politique. Nous sommes conscients qu'elles ont fondé l'esprit européen et qu'elles rayonnent jusqu'à nous à travers l'histoire romaine et la culture de la Renaissance.

 

Le génie grec

En revanche, nous semblons avoir oublié les dieux grecs, ceux dont témoignent les statues et les temples, ceux qui animent la poésie d'Homère, les tragédies d'Eschyle et de Sophocle, qui fixent les normes et les buts de l?existence humaine. Comme s'ils n'avaient pas d'importance et qu'ils n'étaient que le produit accessoire d'esprits enfantins, prélogiques (1).

Mais qu'aurait été le génie grec sans ses dieux ?

Mythes et dieux

Pour le monde classique, les dieux ne sont pas des inventions humaines destinées défier la peur de la mort ou les forces de la nature. Les dieux sont des réalités vivantes, des pouvoirs naturels qui existent indépendamment des êtres humains. Ces réalités sont l'harmonie et l'unité, appelées Apollon, les lois et la justice, appelées Zeus, la beauté et l'amour, appelés Aphrodite ou encore l'intelligence et la sagesse, appelées Athéna.

Les Grecs parlaient des dieux à travers des mythes. Les mythes sont un langage d'images et de métaphores, qui exprime les grandes réalités universelles. Les mythes parlent par  symboles, intermédiaires entre notre monde et le plan des Idées, comme le nommait Platon, et nous invitent à élever notre pensée par delà les réflexions purement rationnelles. 

Le «deux fois né »

Dans la cité grecque de Thèbes, vivait la princesse Sémélé, fille du roi Cadmos et de la reine Harmonie. Sa beauté était si grande qu'elle fut bientôt l'objet de l'attention de Zeus. Il parvint à la séduire sous l'apparence d'un mortel, jusqu'à ce que la jeune fille, cédant à une insinuation de Héra, l'épouse jalouse du dieu, ne lui demande de prouver son identité et de se montrer à elle dans toute sa splendeur. Zeus dut s'exécuter et la belle, incapable de supporter la vue de la splendeur divine, fut consumée par ses flammes. L'enfant qu'elle portait, Dionysos, aurait été réduit en cendre si la déesse de la Terre, Gea, ne s'était interposée entre l'enfant et le dieu. Zeus recueillit Dionysos prématuré et l'enferma dans sa cuisse. Quand le terme fut venu, il l'extrait de sa cuisse. Cette double naissance valut à Dionysos l'épithète de dithyrambe, «le deux fois né».

L'enfance de Dionysos

Zeus confia l'enfant à la princesse Ino, soeur de Sémélé, mais Héra tenta de la rendre folle, et Zeus dut sauver une deuxième fois son enfant en le transformant en cabri et en le confiant à la garde du dieu Hermès, aidé des nymphes. Les muses, les ménades, les satires et les silènes contribuèrent à l'éducation de Dionysos.

Voyages et aventures

Quand Dionysos fut grand, il découvrit la vigne et l'art de faire du vin. Le mythe raconte qu'au début il buvait sans modération et que Héra en profita pour le plonger dans un état de folie divine dont il ne put sortir qu'en consultant l'oracle de Zeus à Dodone. Il parcourut le monde sur son char, tiré par des panthères sauvages.

Ses nombreuses aventures font état des difficultés que le dieu rencontra pour faire accepter ses fêtes et les rites qui lui étaient consacrés. Le roi Pentée, par exemple, tenta de s'opposer au dieu et de le faire emprisonner ainsi que ses prêtresses. Il fut châtié ainsi que sa mère qui, en plein délire mystique, étrangla son fils, le roi Pentée, de ses propres mains. Ceux qui ne suivent pas le culte du dieu sont dépecés.

À son retour en Grèce, le dieu put accéder à l'Olympe, non sans être préalablement descendu dans l'Hadès, lieu où résidaient les âmes des morts, pour rechercher sa mère Sémélé, afin de partager avec elle la compagnie des dieux immortels.

Les puissances de la vie

L'enfant dieu est le fils d'une mortelle et de Zeus, le roi des dieux. Sémélé symbolise la terre mère, fécondée par la foudre du dieu du ciel, d'où naît Dionysos, dont l'essence se confond avec la vie à l'état pur, surgie des entrailles du sol. Dionysos symbolise ainsi le miracle de la vie et de la force vitale qui parcourt l'univers.

De là le symbole du lierre qui couvre la tête du dieu et qui le protège à sa naissance et dans ses aventures. Le lierre, toujours vert quelles que soient les saisons, symbolise ce qui ne meurt jamais, la vie une qui transparaît à travers les cycles du temps.

La vie nous surprend à la fois par sa force mais aussi par sa prodigalité qui est sa propriété fondamentale. Tout ce qui est vivant tend à croître et à se reproduire. Pour cela, l'attribut du dieu est le thyrse, un bâton enlacé de lierre et surmonté d'une pomme de pin, chargé de semences, symbole de la fécondité et de l'abondance de la vie. C'est ainsi que les rites, danses et chants en l'honneur de Dionysos célèbrent les puissances de la vie qui nous fascinent et débordent toutes les limites. C'est pourquoi les participants des cultes dionysiaques semblent perdre la raison et devenir fous.

Les mystères de Dionysos

Dionysos est la puissance qui fait croître, qui donne aux plantes la vigueur pour s'élever vers le ciel après s'être putréfiées dans la terre. Il incarne donc la puissance vitale, à la fois fécondité féminine et matricielle, qui donne la vie, et virilité masculine, principe de l'engendrement. C?est pourquoi l'on en trouve la représentation dans ses mystères, comme ceux de la villa de Pompéi.  Ils mettent en scène une jeune épousée, qui s'apprête à rencontrer la puissance masculine symbolisée par le fascinus, phallus romain, caché sous un tissu, qui symbolise le principe viril. Dans d'autres représentations, la mort par dépècement rappelle l'épithète du dithyrambe, le «deux fois né», qui signifie qu'il faut mourir pour renaître, quitter la petite vie pour la grande, le lieu commun pour le plan supérieur.

La divine folie

Dionysos est la semence divine en l'homme, telle la semence de Zeus sur la Terre. Il est le transport divin, celui qui est favorisé par l'ivresse qui enlève les inhibitions et permet la libération des puissances intérieures. À ce titre il est la divine folie, associée à l'enthousiasme qui transporte. Dionysos est représenté comme un dieu éternellement jeune, il est la capacité de dépasser les cycles de l'existence. Sa jeunesse n'a rien à voir avec la jeunesse du corps, mais avec celle de l'âme qui, au-delà des changements de la vie, des hauts et des bas et du vieillissement physique, reste éternellement enthousiaste et donc jeune.

 

(1) stade de développement de l?enfant pendant lequel la logique n?est pas encore appliquée

Dionysos avec son thyrse et la panthère - coupe grecque

Dionysos avec son thyrse et la panthère - coupe grecque

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